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NOS SERVICES AUX CHEFS D’ENTREPRISE

8- Comment préparer un projet de plan de sauvegarde ou de redressement ?

En l’absence d’Administrateur Judiciaire, c’est au Dirigeant qu’il appartient de préparer le plan de sauvegarde ou de redressement qu’il entend soumettre à l’approbation des créanciers et du Tribunal. Ce n’est pas le rôle du Mandataire judiciaire. Il peut toutefois être sollicité pour des conseils ponctuels.

Le projet de plan est déposé par le Dirigeant au Greffe du Tribunal après consultation du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel ainsi que des contrôleurs.

Il doit être communiqué au Mandataire judiciaire dans les meilleurs délais car celui-ci doit le transmettre avec son avis à tous les créanciers qui disposent alors d’un délai de trente jours pour faire connaître leur réponse avant que le Tribunal ne se réunisse, examine le projet de plan au vu des réponses des créanciers, ceci avant d’accorder ou non le plan de sauvegarde ou de redressement .

Attention : COMPTE-TENU DU DELAI DE 30 JOURS ACCORDE AUX CREANCIERS, VOUS DEVEZ ETRE TRES ATTENTIFS A LA DUREE DE LA PERIODE D’OBSERVATION ET AUX DATES LIMITES FIXEES PAR LE TRIBUNAL. LA NON PRESENTATION D’UN PROJET DE PLAN DANS LES DELAIS REQUIS PEUT ENTRAINER LA LIQUIDATION JUDICIAIRE.


La forme du projet de plan est libre. Toutefois, il faut faire attention aux points suivants :

Il est nécessaire d’y faire figurer un tableau indiquant année par année :
le résultat prévu pour l’exercice
l’incidence fiscale applicable sur ce résultat en tenant compte éventuellement du report des     déficits antérieurs
la prise en compte des provisions et amortissements
la capacité effective de remboursement des dettes incluses dans le plan.

Cette démarche permet de fixer le mieux possible le montant et la durée des remboursements et d’en faire clairement état.

Il est également opportun de joindre au projet le compte de résultat de l’exercice qui vient de s’achever et un prévisionnel pour les années à venir.

Les créances superprivilégiées (sauf accord préalable et spécifique du CGEA) et inférieures à

300 € dans la limite de 5% du passif estimé doivent faire l’objet d’un paiement comptant à l’arrêté

du plan.

Emprunts :
A la différence des contrats de crédit-bail ou de location, les emprunts ne sont pas des contrats en cours au sens de l’article L 622-13 de la loi du 26 juillet 2005. En conséquence, l’ensemble des créances (échues et à échoir) relatives à un emprunt doit être compris dans le plan sauf si la durée restant à rembourser est supérieure à celle du plan (article L 626-18 de la loi du 26 juillet 2005).

- si la durée résiduelle de l’emprunt est inférieure à la durée du plan, l’ensemble des créances (échues et à échoir) relatives à l’emprunt doit être compris dans le plan. Il appartient donc au Dirigeant de demander à la banque concernée de lui transmettre un nouveau tableau d’amortissement calculé ainsi :

montant à rembourser = capital impayé au jour de l’arrêté du plan + intérêts échus + intérêts à échoir selon le tableau d’amortissement initial

durée = durée du plan

- si la durée résiduelle de l’emprunt est supérieure à la durée du plan, seules les créances échues au jour de la Sauvegarde ou du Redressement Judiciaire sont comprises dans le plan. Les créances à échoir seront remboursées sur la base du tableau d’amortissement initial. Les échéances impayées durant la période d’observation pourront être reportées en fin de tableau d’amortissement initial. Il appartient donc au Dirigeant de prendre attache avec le ou les prêteurs concernés afin d’établir les futures modalités d’apurement des emprunts.

NB : Les entreprises occupant au moins 150 salariés et réalisant un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros au minimum sont soumises à la constitution de deux comités de créanciers composés par les établissements de crédit et les principaux fournisseurs, réunis par l'administrateur judiciaire dans un délai de 30 jours à partir du jugement d'ouverture et qui fournissent ultérieurement un avis sur le projet de plan.
Dans cette hypothèse, ou en deçà de ces seuils sur autorisation du Juge Commissaire, la procédure tend à la négociation avec les créanciers de telle sorte que les délais limitant la durée du plan ne sont pas applicables et les modalités d'apurement du passif précitées ne sont pas impératives.

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