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LE REDRESSEMENT JUDICIAIRE

3. Quels sont les principaux effets du redressement judiciaire ?

Interdiction de régler toutes les dettes dont l’origine est antérieure à l’ouverture du Redressement Judiciaire, sauf
paiement par compensation des créances connexes. Les créances sont à déclarer auprès du Mandataire judiciaire.
Cette mesure s’applique à tous les créanciers et concerne aussi les emprunts qui ne sont pas considérés comme des
contrats en cours. Aussi postérieurement au jugement de Redressement Judiciaire, il n’est donc plus possible de payer
les mensualités des emprunts contractés avant le Redressement Judiciaire.

Les créances nées après l’ouverture du redressement judiciaire pour les besoins du déroulement de la procédure
ou en contrepartie d'une prestation fournie au débiteur pour son activité professionnelle doivent au contraire être
réglées normalemen
t et intégralement à leur échéance. Le non-respect de cette exigence peut entraîner la Liquidation
Judiciaire.

Les poursuites individuelles sont arrêtées. Aucun créancier ne peut plus poursuivre ni engager de procédure
de saisie pour obtenir le paiement des dettes antérieures au jugement.

Le cours des intérêts est arrêté sauf exception légale.

Les contrats en cours au jour de l’ouverture du Redressement Judiciaire (sauf les emprunts) peuvent éventuellement
être poursuivis. En l’absence d’Administrateur Judiciaire, il appartient pour ce faire au dirigeant de répondre
impérativement dans le délai d’un mois par lettre recommandée avec accusé de réception à toute demande
de poursuite d’un contrat formulée par un cocontractant après avoir obtenu l'avis conforme du Mandataire judiciaire.

Attention : A défaut, le contrat serait automatiquement et irrémédiablement résilié. Il peut en être ainsi en particulier du bail du local affecté à l’exploitation et dont la résiliation pourrait compromettre les chances de redressement de l’entreprise.

En l’absence d’Administrateur Judiciaire, la gestion de l’entreprise est assurée par le dirigeant seul. Le Mandataire
Judicaire ne peut s’immiscer dans la conduite des affaires. Toutefois, pour les décisions d’aliénation (vente d’actifs
immobilisés), et de licenciement, l’autorisation préalable du Juge Commissaire est obligatoire.

Dès le début de la période d’observation, un inventaire des biens de l’entreprise est réalisé. Pour une personne physique,
il concerne l’ensemble de son patrimoine.

Le ou les comptes bancaires sont bloqués et un nouveau compte doit être ouvert à compter de la date du jugement
d’ouverture (compte « RJ» ou compte « BIS »). Les soldes créditeurs des anciens comptes bancaires y sont virés.
Ce nouveau compte fonctionne sous la seule signature du dirigeant lorsqu’il n’est pas nommé d’Administrateur
Judiciaire. Si la banque n’a pas fait spontanément le nécessaire, il appartient au dirigeant d’en prendre immédiatement
l’initiative.

Les déclarations fiscales et sociales doivent être adressées normalement aux organismes concernés, sans paiement
pour les déclarations afférentes aux périodes antérieures à l’ouverture de la procédure de Redressement Judiciaire.
En revanche, les déclarations afférentes aux périodes postérieures doivent être accompagnées du règlement
correspondant.

Pour sa rémunération, le chef d’entreprise doit saisir le Juge Commissaire en indiquant succinctement sa situation
personnelle afin que le Juge Commissaire puisse rendre une ordonnance fixant sa rémunération.

Les poursuites contre les personnes physiques co-obligées ou ayant consenti un cautionnement ou une garantie
autonome sont provisoirement suspendues jusqu'au jugement arrêtant le plan de redressement ou le prononcé de la
liquidation judicaire. Le tribunal pourra ensuite s'il y a lieu accorder des délais ou un différé de paiement dans la limite
de 2 ans.

Les licenciements pour motif économique urgents, inévitables et indispensables, notifiés par l'Administrateur ou à défaut
le dirigeant ou le débiteur, sont soumis à l'autorisation préalable du Juge Commissaire.

 


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